En cette journée mondiale de la santé et la sécurité au travail, nous venons d'apprendre le suicide d'une nouvelle collègue. A ce jour, nous déplorons pour 2026, 12 tentatives de suicides et 2 suicides. Pour nous, ces chiffres ne sont pas des statistiques froides. Derrière, il y a nos collègues, des familles endeuillées et parfois aussi nos amis.
Nous le savons, les suicides et les tentatives de suicide sont toujours multifactoriels mais ils s'inscrivent dans un contexte professionnel qui use, qui divise, qui isole, qui déshumanise et qui peut détruire.
Depuis des années, nous subissons des réformes permanentes: suppressions d'emplois, restructurations, fermetures de services. On nous demande de faire toujours plus, avec toujours moins. Les objectifs sont toujours plus élevés et les conditions de travail toujours plus dégradées.
Ce que nous vivons, c'est une perte de sens au travail. Un sentiment d'inutilité sociale. C'est une pression constante. C'est un management qui peut être désormais toxique.
Et quand un drame survient, que se passe-t-il ?
La Direction nous parle de situation personnelle, de fragilités pour éviter de poser la question du travail, de son organisation et de son management. Nous devons refuser le silence face à ces drames, refuser leur invisibilisation !
Nous exigeons que chaque suicide et tentative de suicide fasse l'objet d'une enquête sérieuse et indépendante.
Nous exigeons que le lien avec le travail soit étudié et reconnu quand il existe.
Nous exigeons des actes et des moyens.
Nous exigeons la fin de cette politique qui casse les services publics, les collectifs de travail et met les collègues sous pression jusqu'à la rupture.
Mais au-delà, nous devons recréer du collectif. Nous parler, nous soutenir, refuser l'isolement et la division. Car rien ne changera si nous restons isolés, chacun et chacune dans son service, dans son secteur professionnel. Car nous sommes toutes et tous concernés.
Parce que derrière leurs choix et leurs décisions politiques, il y a nos vies. Aucun impératif budgétaire, aucune réforme ne doit prévaloir sur une vie humaine.
Mais une chose de certaine, c'est que nous ne sommes pas condamnés à subir.
En nous mobilisant, en refusant de nous taire, en résistant, nous pouvons faire reculer ce qui nous détruit !